Titulature du troisième roi d'Egypte à porter le nom d' "enfant de Djehouty" : Nom de naissance commençant par Djehouty - Thot: ZA Ra ∆Hwty mz(iw) nfr Xprw prononcez Djehoutymès Néferkhéperou: " Né de Djehouty , au devenir parfait".
Les rois qui ont porté fièrement le nom de Djehouty
Bibliographie: Claire Lalouette, Mémoires de Thoutmôsis III, Calmann-Lévy, Paris, 1997 Kurt Heinrich Sethe, Urkunden der 18. Dynastie, Heft 1, Éditeur inconnu, Leipzig, 1905, 1906 et 1927. http://fr.wikipedia.org et http://antikforever.com
Famille: Djehoutymès, dont Thoutmôsis (Θουτμωσις) est la forme hellénisée, est le fils de Thoutmôsis II et d'Iset (ou Aset), une des épouses secondaires de son père. À son avènement, il est encore un jeune enfant, et la régence est exercée par « l’épouse du dieu », sa belle-mère Hatchepsout, qui adopte la titulature et les attributs royaux vers l'an 2 ou 3 du règne. Pendant une vingtaine d'années, Thoutmôsis III est tenu à l'écart. Après la disparition d'Hatchepsout en l'an 21 ou 22 du règne, il obtient enfin la pleine souveraineté et dirige l'Égypte jusqu’à sa mort. Il épouse Satiâh (ou Sitiah), Mérytrê-Hatchepsout, toutes deux Grandes épouses royales, Nébétou et peut-être Néférourê, une fille d’Hatchepsout. Il a deux enfants avec Mérytrê-Hatchepsout : un fils, le futur Amenhotep II, et une fille, Meritamon (ou Merytamon).
parfois ∆Hwty mz(iw) HqA-wAzt : Djehoutymès Heqaouaset, "prince de Thèbes"
Red granite statue of Pharaoh Thutmose III, Egyptian Museum, Cairo. © Photo taken by Hajor, December 2002. GFDL and/or cc.by.sa.
Touthmosis III massacrant ses ennemis sur le 7e pylône de Karnak
suite
Djehoutymes III (page 1/2)
Le conquérant: Djehoutymes III est un grand conquérant, il est largement considéré comme un génie par les historiens militaires et, de ce fait, il est surtout connu pour ses activités guerrières, dont nous connaissons la chronologie grâce au mur dit "Des annales" qui entourait le sanctuaire d'Amon à Karnak mais aussi grâce à son scribe royal et commandant de l'armée, Tjanouny (ou Tjenen ou Thanuny), qui décrit toutes ses conquêtes au cours de son règne. Dès sa prise de pouvoir après la mort de la Reine Hatchepsout il reprend la politique d‘expansion de son père et va porter le Nouvel Empire à son apogée. Il mène 16 (on trouve aussi 17) campagnes en vingt ans pour établir un contrôle total sur la Syrie/Palestine. Notons la première en l'an 22/23, à la tête de dix mille soldats, pour écarter la menace d'une coalition de Princes Syriens, autour du Prince de Kadesh (ou Qadesh), fomentée par le Mitanni. Partis de Memphis, ils arrivent à Gaza en à peine dix jours, puis Yehem (Yemma), passage par le défilé d'Arouna, siège de Meggido dont la reddition livre la Palestine au Pharaon. Thoutmosis III poursuit alors vers Tyr, s'empare de Kadesh et contrôle les ports de la Méditerranée jusqu'en Syrie. Le tribut de la 2e campagne comporte une Princesse accompagnée de 95 personnes, chars et chevaux. En l'an 29, lors de sa cinquième campagne, l'armée Égyptienne rencontre pour la première fois le peuple qu'ils nommèrent les Apirou (ou Habiru ou Hapiru, apr.w ). Après pillages et destructions, les Égyptiens occupèrent le pays de Djahy, décrit par les textes comme un paradis terrestre, qui est probablement une référence au Sud de la Syrie. La Syrie sera totalement conquise au cours de la sixième campagne et les ports Phéniciens se soumettent au cours de la septième, un an plus tard. Ces deux campagnes, de l'an 29 à l'an 32, servirent en effet à préparer la suivante, leur but étant de sécuriser les ports de la Méditerranée, de montrer aux Princes de Kadesh, d'Alep, du Nuhashshe (région au Sud d'Alep) ou encore de Tounip que l'Égypte était leur suzeraine et qu'elle pouvait à tous moments entreprendre des représailles terribles en cas de rébellions, sans oublier la perception des tributs des peuples assujettis. Ces faits sont largement commentés dans les autobiographies des scribes de l'armée Tjanouny (ou Tjenen) et Amenemheb. Thoutmôsis III mentionne dans un texte qu'il prit le port de Jaffa par la ruse, 200 de ses guerriers armés se cachant dans des grands paniers que le Roi offrit comme cadeau au Gouverneur de la ville Cananéenne (autre version du cheval de Troie !). Enfin dans sa 50e année de règne, Thoutmôsis III mène une dernière campagne, en Nubie, qui le mènera jusqu'à la ville de Napata. Son œuvre est considérable en Nubie. Il suit les traces de son grand-père Thoutmôsis I et atteint la cinquième cataracte. Il fait graver à Kenissa, une stèle frontalière, à côté de celle de son aïeul qui retrace ses hauts faits. Il sera le premier à répandre la culture Égyptienne si loin dans la région et le plus ancien document Égyptien trouvé au Gebel Barkal date de cette Campagne de Thoutmôsis III. Les conséquences de cette politique de conquêtes sont un énorme afflux de richesses en Égypte, sous forme de butin de guerre ou de livraisons annuelles. La Palestine et la Syrie envoient du vin, de l'huile, des bovins et des ovins, des chevaux, de l'argent, du cuivre, des pierres précieuses, des armes, des chars, des serviteurs et des princesses pour le harem royal. La Phénicie livre du blé, du cuivre et de l'étain ; elle prête aussi sa flotte pour les opérations militaires. D'Afrique arrive l'or, l'ivoire et l'ébène. L'Assyrie fournit du lapis-lazuli à titre de « tribut d'hommage » (C. Lalouette), et le Hatti des pierres précieuses. La région de Pount envoie l'encens et la myrrhe. Au cours de son règne, Thoutmôsis III place l'Égypte au centre d'un vaste empire englobant le pays de Koush et le couloir syro-palestinien. Les contributions des territoires conquis - inou (« ce que l’on apporte ») et bakou ( « les produits du travail ») - permettent un vaste programme de construction tout à la gloire d'Amon et de son royal protégé.
Règne de Thoutmosis III: Thoutmôsis III ou Djéhoutymès III était le cinquième pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne. Les avis sont partagés sur les dates de son règne; il ne régna seul qu'à partir de -1458 / -1457. Après la disparition d'Hatchepsout en l'an 22 de son règne,Thoutmôsis III obtient enfin la pleine souveraineté et va diriger l'Égypte jusqu’à sa mort. Le Roi fait alors marteler ses cartouches et images, leur substituant ceux de Thoutmôsis I et II ou encore les siens. Il faut toutefois préciser que contrairement à ce qui est souvent pensé, ce ne sont pas tous les cartouches ou toutes les images que les ouvriers effacent mais seulement ceux relatifs à Hatchepsout "Roi", pas ceux appartenant à la Régente ou à la Reine. Si l'on suit la tradition Égyptienne, Thoutmôsis III laisse de ce fait à Hatchepsout la possibilité de revivre dans l'au-delà. Aujourd'hui encore se pose la question du pourquoi un tel acte de la part du Roi ? Était-ce une question politique, était-ce pour se venger d'avoir été tenu à l'écart du pouvoir aussi longtemps ? Mais, dans ce cas, pourquoi avoir attendu vingt ans ? En l'absence de document sur l'état d'esprit du Roi il est difficile d'imaginer ses motivations... Florence Maruéjol pense qu'il faut voir une volonté politique de Thoutmôsis III de rétablir une succession à son profit. Dans ce cas Hatchepsout doit être perçue comme une usurpatrice. Selon d'autres sources, c'était plutôt parce qu'Hatchepsout était en réalité une femme et qu'il était inconcevable que le roi soit une femme...
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