Seshat et Djehouty ensemble notent les années sur la nervure de palme de Ramses II © Véronique Noirhomme - Temple d'Abydos - 2010
Djehouty inscrit les noms du roi sur les feuilles de l'arbre ished
L'IBIS (page 1/2)
Bibliographie et papyrus d'Ani: site internet Egyptologica Dictionnaire illustré des dieux de l'Egypte, Ruth Schumann Antelme et Stéphane Rossini, éd. du Rocher, 2003
suite
Sous sa forme d'ibis, il tient souvent une palette et un calame (outils d'écriture des scribes), en tant que: - « seigneur des paroles divines », - « scribe des dieux », - il est présent au tribunal divin (ainsi dans le mythe de l'héritage d'Osiris), - il inscrit le résultat de la pesée de l'âme des défunts passant devant Osiris (lors de la psychostasie, sur les vignettes du livres des morts, et l'extrait du Livre de la vache du ciel), - il comptabilise les années de règne et les jubilés que les rois demandent aux dieux sur les murs des temples.
La scène de la psychostasie ou pesée du coeur (chapitre 125) est une des scènes qu'on rencontre le plus fréquemment dans l'iconographie funéraire des anciens Egyptiens. Dans le papyrus d'Ani, cette scène est représentée à deux reprises: aux planches 30-33 qui reprennent le texte et une représentation moins détaillée de l'action et aux planches 3-4 où la scène est particulièrement développée. Ainsi, le centre de la scène est occupé par une grande balance vers laquelle s'avance respectueusement le couple. Elle est surmontée d'un babouin, animal sacré de Thot, dieu détenteur du savoir, nécessaire au bon fonctionnement de la balance et garant de l'exactitude de la pesée. Sur le plateau gauche de la balance est placé le coeur du défunt (). Le coeur (voir les chapitres 26, 30B, 29, 27, planche 15) est pour les Egyptiens le siège du caractère, des sentiments, de la mémoire et de l'intellect. C'est grâce à son coeur que l'Egyptien reçoit son individualité et aussi sa liberté de penser et d'agir. Ainsi peut-il suivre ou négliger les enseignements des dieux. Lors de la pesée, le coeur est interrogé par le tribunal d'Osiris (voir planches 30-33); à ce moment, les dieux peuvent établir si le défunt a vécu selon les instructions de Maât, la déesse personnifiant les lois de l'ordre divin. Cette déesse est évoquée par la plume d'autruche qu'elle porte normalement sur la tête, et qui occupe ici le plateau droit de la balance. Au-dessus du coeur se tient le ba du défunt, l'oiseau à tête humaine qui suit le mort pendant son voyage (voir le chapitre 61, planche 15; les chapitres 89, 91, 92, planche 17): il attend le résultat de la pesée. Si la balance est en équilibre, le défunt est proclamé "juste de voix" et peut aborder le royaume d'Osiris. Anubis, le dieu à tête de chacal, vérifie l'aiguille de la balance. Il communique le résultat à Thot, figuré cette fois avec une tête d'ibis, tenant en main la palette de scribe, l'instrument de sa fonction. C'est sur elle qu'il consigne le résultat de la pesée. Si ce dernier était désastreux pour le défunt - jamais cette issue fâcheuse ne figura sur un Livre des Morts - il était livré à amm(w)t - Âmmit ou Âmmout - la Mangeuse, la Grande Dévoreuse, le monstre à gueule de crocodile, corps de lionne, et arrière-train d'hippopotame, à l'affût derrière Thot.
Note: il existe de nombreuses représentations de la psychostasie: souvent Maât est représentée deux fois mais j'ai volontairement choisi la représentation d'Ani car ici, c'est Djehouty qui y figure deux fois, sous ses deux aspects : sous forme de babouin sur la balance et sous forme ibiocéphale derrière Anubis.
Quand Djehouty est représenté en homme à tête d'ibis...
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