Noms en hiéroglyphes: Translittération: ∆Hwty
Bibliographie: Dictionnaire illustré des dieux de l'Egypte, Ruth Schumann Antelme et Stéphane Rossini, éd. du Rocher, 2003 Amours et fureurs de La Lointaine, Christiane Desroches Noblecourt, éd.Stock/Pernoud, 1995
Etymologie L'origine et la signification du nom de ∆Hwty (prononcez Djehouty) ou Thot posent des problèmes non encore résolus (même pour les anciens égyptiens qui prononçaient le nom Djehouty) et la traduction la plus simple serait "Celui de Djehout"; or, jusqu'à présent aucune ville, aucun lieu de ce nom ne sont attestés. Diverses autres significations ont été proposées par différents égyptologues: "Celui du château de la parole", "Celui qui parle dans le temple", "Le Messager", "Celui qui sélectionne" ou "qui choisit". Mais tout cela reste hypothétique. En revanche, on peut affirmer que la grande renommée internationale de Thot est prouvée déjà par la présence de son nom dans les langues anciennes: néobabylonien, araméen, grec, latin. Grecs et Romains ont identifié Thot, respectivement, à Hermès et à Mercure. Le terme Hermès Trismégiste, qui signifie "trois fois grand" est la traduction mot à mot, par les Grecs, peu versés dans la grammaire pharaonique, du superlatif égyptien: Trismégiste veut donc dire "Le plus grand (des dieux)". C'est sous ce vocable que Thot a survécu jusqu'à nos jours.
ORIGINES
Aspects Depuis l'Ancien Empire, Djehouty est, dans la plupart des figurations, représenté sous forme d'ibis perché sur le pavois des dieux. Son image d'homme ibiocéphale, debout ou assis, est fréquente. Il est alors parfois coiffé d'un atef composite et son vêtement est le pagne court, avec ceinture et queue cérémonielle; un baudrier lui barre souvent la poitrine. Il porte les bijoux habituels des dieux. Ibiocéphale, on le trouve parfois surmonté des croissant et disque lunaires. Quelques rares images, de très basse époque, le montrent soit entièrement anthropomorphe, et même en costume de vizir, soit comme lion ou homme à tête de lion! Le deuxième aspect principal de Djehouty, nettement moins fréquent, mais déjà attesté aux époques classiques, car hérité de Hedj-Our, est celui d'un babouin (hamadryas) et, rarement, celui d'un homme à tête de singe. Sa tête peut être surmontée des croissant et disque lunaires.
Origine géographique et lieux de culte Mystérieuse comme la signification de son nom, l'origine et les premières dates du culte de Djehouty sont encore hypothétiques. Pourtant, sa vénération est attestée depuis l'Ancien Empire, même au Sinaï. Au Moyen Empire, son culte est répandu dans toute l'Egypte. Le plus important centre religieux de Haute-Egypte, où Djehouty possédait plusieurs temples, est Hermopolis Magna, dans le 15e nome, le Khnoumou des Anciens, vocable encore présent dans Achmounein, nom moderne de la ville. En Basse-Egypte, dans le 15e nome, Hermopolis Parva est le pendant du grand sanctuaire de Haute-Egypte. Djehouty y portait le titre de "Celui qui sépare les deux adversaires", lequel se réfère à son rôle apaisant dans les incessants combats entre Horus et Seth. D'autres centres religieux se sont assurés sa présence et ses multiples dons. Ces assimilations se traduisent, à la basse époque, par des épithètes qui les résument: - le "Coeur de Ré" (Héliopolis, 13e nome de Basse-Egypte), - l'"ibis sorti de Ptah" et la "Langue de Ptah-Tatenen" (Memphis, 1er nome de Basse-Egypte), - la "Gorge de celui qui cache son nom" (Amon à Thèbes, 4e nome de Haute-Egypte). Il n'y avait pas de temple important sans culte de Djehouty, ne fût-ce qu'à titre de divinité résidente ou complémentaire: - en Haute-Egypte: Abydos, Erment, Assiout, Dendéra, Edfou, Qusae, Hiérakonpolis, Thèbes, Philae,... - en Basse-Egypte: Bubastis, Héliopolis, Saïs. Au Nouvel Empire, la vénération de Djehouty s'est répandue au-delà des frontières de l'Egypte vers le Sud, à partir de Philae (1er nome de Haute-Egypte) où il était aussi à l'honneur. En Nubie, son culte à Pnoubs, nom antique de la Dakké moderne, était particulièrement réputé. Il figure dans ce temple coiffé des quatre plumes d'Onouris. Il recevait également une adoraion dans d'autres sanctuaires nubiens, à Debod, Dandour, Kalabcha, Derr, Gerf Hussein, au Gebel Oda, spéos de la XVIIIe dynastie, dédié à Amon-Ré et à Thot. Sa vénération s'est étendue jusqu'en Haute-Nubie, le Soudan actuel, même encore à une époque très tardive, au Gebel Barkal, à Kawa, à El Kourrou, à Méroé, et à Mousawarat es-Soufra. Ce chapelet de lieux de culte valait à Thot des épithètes tels "Celui qui vient de Nubie", le "Lion du Sud", "le maître du vin qui boit beaucoup": Ces épithètes et l'importance du culte nubien de Thot s'expliquent par son lien avec le mythe de la Déesse lointaine, qu'il a apaisée de belles paroles et d'abondantes libations, pour la ramener en Egypte, accompagné d'Onouris.
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